Daddy's girl de Janet Inglis

Ce livre ne ressemble à aucun roman qu’il m’a été donné de lire jusqu’à présent.

A l’heure où des millions de lecteurs et de lectrices se pâment entre les bras d’un Christian Grey, trouvant une jouissance certaine à pouvoir (enfin) révéler qu’ils prennent plaisir à lire de la littérature érotique (et oui, c’est facile de passer aux aveux noyé dans la foule, c’est moins courageux mais c’est plus confortable), ce livre s’assume sur le sujet de la sexualité avec beaucoup de profondeur (sans jeu de mots douteux) et exploite un sujet jusque-là propriété quasi exclusive de Nabokov : la sexualité entre un homme et une adolescente.

Oliva, alias Lia, l’héroïne du roman, a 14 ans quand débute le récit et rien d’une Lolita. Studieuse, brillante, précoce, elle vit la vie de toute adolescente londonienne. En apparence, la seule problématique de sa jeune existence est d’avoir des parents divorcés. En tant que fille unique, pas facile de trouver sa place dans un foyer éclaté mais ça reste le lot de bien des adolescents. Pourtant, avec l’arrivée dans la vie de sa mère (chez laquelle elle vit) d’un nouveau boyfriend, sa jeune existence va basculer et s’engager dans une voie que personne, à commencer par elle, n’aurait pu imaginer et encore moins souhaiter. 

Nick (c’est son nom et il lui va comme un gant !) est photographe. Il a tout du bad boy même s’il est résolument ancré dans le monde des adultes. On attend de lui la bienveillance protectrice et le bon sens teinté d’autorité d’un beau-père comme les autres. Sauf que Nick n’est pas un beau-père comme les autres. Impulsif et sensuel, il va rapidement remarqué que la « fillette » de sa compagne est une très belle plante qui paraît avoir 18 ans plutôt que 14 et qu’elle est réceptive à toute nouvelle sensation lui permettant d’en apprendre plus sur qui elle est.

La relation sulfureuse, interdite, passionnée et néanmoins sentimentale qui va désormais lier ses deux êtres m’a littéralement tenue en haleine de la première à la dernière page du livre. Je fus troublée par cette lecture mettant en scène la rencontre improbable de deux ego aux préoccupations différentes mais à l’identité identique, révélatrice d’une profonde solitude et d’un non moins profond besoin d’être aimé. En réalité, aucun d’eux n’est réellement responsable de ce qui va arriver, aucun d’eux n’a vraiment « fait le premier pas » et aucun d’eux n’est capable de stopper l’engrenage qui les entraîne inexorablement dans ses rouages.

Je vois déjà certains d’entre vous froncer le sourcil. Quoi ? Se troubler et s’intéresser à la relation adultère et quasi incestueuse entre une ado et un adulte qui pourrait être son père ? Mais c’est du vice ! Quelle situation contre-nature, abjecte et condamnable. Et pourtant… si l’on transposait ce récit à une autre époque où les jeunes filles étaient mariées dès la puberté à des barbons, aurions-nous ce même regard ?

Olivia est précoce. Elle ne fait pas son âge. Elle ressemble à une femme, pas à une adolescente osseuse et gauche. Elle est même sexy. Elle et ses copines se maquillent et se prêtent des fringues comme toutes les ados. Elles flirtent avec des garçons dans des pubs quand leurs parents pensent qu’elles se font une partie de Monopoly pour conclure une innocente soirée pyjamas. Comme vous et moi au même âge, Olivia cherche à faire ses propres expériences. Dans son cas personnel, parce qu’elle n’a plus aucun repère familial auquel se raccrocher entre sa mère qui refait sa vie avec un homme plus jeune qu’elle et son père qui fait un enfant à l’étudiante pour laquelle il a divorcé, Olivia cherche désespérément sa place. Elle voudrait accélérer le temps, devenir rapidement une adulte elle aussi. Elle ne veut plus être considérée comme un bébé car elle n’est, de fait, plus le bébé de personne. Electron relié à aucun atome, elle va laisser sa vie s’accrocher à la queue d’une comète (toujours sans jeu de mot) nommée Nick, le seul être qui lui donne l’impression d’être valorisée, même si cette valorisation se fait par le sexe et même si, aux yeux de la société occidentale qui est la sienne, elle n’a pas le droit d’éprouver de sentiment amoureux pour cet homme, l’amant de sa mère, son propre amant.

Tout au long du roman qui amène le lecteur à regarder en face la réalité de problèmes de société aussi importants que le divorce, l’éclatement de la cellule familiale, la sexualité des ados, les tabous liés au sexe, à l’inceste, à la différence d’âge ou encore l'avortement et la grossesse adolescente, j’ai été remuée par le courage de cette jeune fille qui bien que souvent désemparée trouve la force de faire des choix parfois très difficiles et lourds de conséquences et s’accroche à cette volonté d’aimer et d’être aimée qui lui permet d’avancer, de suivre son chemin, de trouver une voie qui lui soit propre et non celle que cherchent à lui imposer les membres de son entourage, ceux-là même qui ont perdu toute légitimité de le faire en l’abandonnant à son sort. Quelle moralité et quelle autorité pourraient bien prêcher des parents qui n’appliquent pas eux-mêmes les principes qu’ils prônent ?

Olivia, bien que traversant cette difficile période de l’adolescente où tempêtent doutes, cruelles illusions, vaines espérances, questionnements multiples et rejet de soi comme des autres, triomphe à ne pas seulement subir sa vie mais au contraire à agir, certes en tâtonnant parfois maladroitement, mais sans cesser de progresser.

J’ai été très favorablement impressionnée par ce roman, surtout qu’il s’agit ici d’un premier roman ! La qualité d’écriture, la maîtrise de la narration, l’analyse fine de la complexité des sentiments des protagonistes sont autant de points forts qui me font chaudement recommander sa lecture.

PS : bémol sur la forme, le livre comportant pas mal de fautes d’orthographe et de mots manquants ; ça ne gêne pas véritablement la lecture mais c’est toujours regrettable. 

La sultane d'Alméria de Régine Colliot

En d'autres temps, si la Fortune m'avait été favorable ou si de bonnes fées s'étaient penchées sur mon berceau pour me faire don des grâces et des vertus les plus recherchées, j'aurais pu être tout autre que moi-même... J'aurais pu naître princesse, reine, impératrice, tsarine ou dictatrice. 

La triste réalité, c'est que les choses ne se sont pas du tout passées comme ça, je suis née comme vous au siècle dernier (franchement, ça fait mal de le dire...) et si j'avais vraiment voulu gouverner et avoir du pouvoir, j'aurais dû étudier un peu plus que je n'ai fait et j'aurais dû intégrer une bonne école de management... Alors, et seulement au prix de tous ces efforts, j'aurais peut-être pu régner sur un peuple de salariés... 

Programme par trop ambitieux pour moi ! J'ai dû me contenter de moins et à ce jour, le seul peuple sur lequel je règne, toute-puissante, est celui de mes livres. Enfermés dans une haute tour (même pas d'ivoire) communément appelée "la PAL", mes livresques sujets sont totalement soumis à mon bon vouloir ; je peux décider d'un geste d'en faire mes courtisans, mes favoris, ou au contraire de les laisser croupir dans les oubliettes de la PAL jusqu'à ce que l'un de mes royaux caprices les en soustrait. 

Dès les prémices de mon règne, je me suis auto-proclamée Grande DRL (Directrice des Ressources Littéraires) de mon royaume et oppresser mon peuple sous le joug de mon despotisme qui se veut éclairé me donne bien des satisfactions au quotidien... 

Après cette longue introduction entièrement dédiée à flatter mon ego d'une part et à tester votre résistance à ma prose d'autre part, je m'en vais vous conter l'histoire d'un de mes sujets condamné aux oubliettes un temps incroyablement indécent, sans doute parce qu'il s'agissait d'un roman ayant pour titre le nom d'une souveraine rivale, « la Sultane d'Alméria ». Bien qu'elle fut totalement arbitraire, ma décision de laisser enfin à ce roman une chance de plaider sa cause et de se réhabiliter à mes yeux fut une bonne décision ; ce roman est un bon roman historique et il m'a procuré de belles heures de divertissement.

Drame médiéval en quatre actes, «  la Sultane d'Alméria » est un roman inspiré d'un authentique récit du XIIIème siècle relatant les pérégrinations d'Arlette, fille du comte de Ponthieu, en Picardie. Sous la plume alerte de Régine (ni Pernoud ni Deforges mais Colliot, qui m'était jusqu'à présent parfaitement inconnue), une grande fresque romanesque est dépeinte avec une précision assez ensorcelante et entraîne le lecteur de la baie de Somme dont les eaux miroitent sous l'avare soleil picard aux murailles aveuglantes de clarté de la céleste Jérusalem, en passant par les chemins de Navarre, de Galice, de l'Espagne mauresque, du désert jordanien et de l'Italie. Un véritable périple à travers l'Orient et l'Occident médiévaux ! 

***ALERT SPOILER***

XIIème siècle. Arlette est une jolie jeune fille, héritière du comte Gui de Ponthieu. Elle n'est pas insensible au charme et aux talents de Thibaud, le neveu du suzerain de son père, promis à devenir l'un des chevaliers les plus preux de son temps. Une Providence clémente fait s'amouracher les amants, une alliance est conclue. Hélas, l'union des deux jeunes gens reste inféconde... 

Dans cette société féodale entièrement articulée par les mâles et qui exige des châtelaines qu'elles produisent moult dignes et vaillants héritiers, l’opprobre des siens va insidieusement tomber sur Arlette. Sur proposition de Thibaud qui souffre aussi profondément de cette situation en forme d'impasse, Arlette entreprend à ses côtés le long et périlleux pèlerinage vers Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. 

Plus qu'un long chemin, c'est un drame qui les attend aux détours du "camino francès"... Détroussés et violentés par des bandits à l'approche du saint sanctuaire, les époux voient leur univers basculer en quelques instants. Arlette, qui a été soumise à l'humiliation du viol collectif, veut, dans un excès de folie, attenter aux jours de son époux, témoin de son infortune mais elle échoue. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, leur amour se charge de doutes et de désillusions ; une haine amère prend en leur coeur la place qu'il déserte... 

De retour en Ponthieu, Arlette ne tarde pas à voir s'abattre sur elle la main justicière et coléreuse de son père qui la condamne à subir « le jugement de Dieu » ; il l'abandonne en haute mer, seule. Arlette, épouvantée, s'apprête à mourir quand un navire marchand venant des Flandres et en route vers la Méditerranée la recueille à son bord pour la vendre quelques jours plus tard comme captive au sultan musulman qui règne sur le port andalou d'Alméria...

***FIN DE L'ALERT SPOILER***

En un peu plus de 400 pages, Régine Colliot explore, au gré des aventures de ses héros, les thèmes fondamentaux d'une époque médiévale très haute en couleurs : la filiation d'une noblesse encore jeune à un pouvoir bâti sur un système féodal désormais bien institutionnalisé ; l'obscurantisme d'une époque où tout acte relevait d'une décision divine, tout signe était interprété comme un commandement divin et où une piété sincère mais intransigeante servait de boussole au pauvre comme au riche, au paysan comme au seigneur ; l'épopée de la foi via les croisades et la reconquête de la Terre-Sainte sur l'Infidèle ; la place de la femme, parfaitement retranscrite, qu'elle soit serve ou comtesse, damoiselle, épouse ou veuve, esclave du sérail ou grande sultane ; la cruauté de mœurs que le contexte politique et économique rendait tout à la fois barbares et brillantes ; la confrontation de civilisations qu'opposaient leur culture, leur religion, leurs ambitions et leurs vues politiques ; la mobilité de voyageurs poussés sur des chemins précaires vers des destinations souvent inconnues et dangereuses ; l'insécurité constante des peuples auxquels une guerre, une épidémie, l'ambition belliqueuse d'un voisin, une famine ou une injustice pouvait porter un coup fatal ; un rapport à la vie et à la mort tellement éloigné de nos codes actuels qu'on a parfois peine à le comprendre...

En synthèse, voici un roman d'une grande densité dont la nature se confond sans cesse entre celles du fabliau, du conte oriental, du roman d'aventures et de la chanson de geste pour offrir au lecteur une chronique médiévale richement historiée si délectable que je fus bien punie de l'avoir délaissé si longtemps !

Le pays du Dauphin Vert d'Elizabeth Goudge

Roman exceptionnel, d'autant plus que je l'ai découvert par un pur hasard, en scrutant d'un oeil fiévreux les linéaires de ma bibliothèque municipale. Pourquoi un "oeil fiévreux" vous direz-vous (ou pas) ? Tout simplement parce qu'après une succession de lectures insatisfaisantes et souhaitant mettre fin à la malédiction qui semblait toujours me faire choisir des romans voués à me décevoir, je mis enfin la main sur une oeuvre d'une très grande qualité : le pays du Dauphin Vert.

C'est un pavé et même si l'intensité d'un roman ne dépend pas forcément de son épaisseur, quand le récit vous plaît, je peux vous dire que vous êtes content(e) de constater que vous en avez "encore sous le pied" ! Pavé donc, mais attention, nuance. Ce roman fait partie des rares pavés qui vous donnent l'impression de ne pas en être un tant vous êtes aspirés par sa narration et avant même que vous ayez réalisé avoir lu presque 700 pages, ah bah, c'est (déjà) la fin ! 

L'histoire : comment trois destins vont être complètement bouleversés par une erreur fatale et impardonnable, digne du benêt du village, à savoir une confusion entre deux prénoms. 

Iles Anglo-Normandes, XIXème siècle, William emménage dans la proximité immédiate de la famille Le Patourel qui compte deux soeurs, Marianne et Marguerite. Vous ne pouvez imaginer deux personnalités aussi différentes l'une de l'autre, deux tempéraments qui bien qu'étant issus du même ADN se trouvent aux antipodes l'un de l'autre de par leurs aspirations et leur nature. Une amitié fraternelle se noue entre les trois enfants. Le temps passe, laissant chacun faire ses propres expériences, acquérir sa propre maturité et concevoir ses propres ambitions. William doit partir. Il s'installe colon à l'autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande. Il part avec un amour pour Marguerite vrillé au coeur. Il veut l'épouser. Il écrit ses intentions à Mr et Mme Le Patourel qui accèdent à sa demande. William se rend donc au port pour accueillir sa fiancée venue le rejoindre et... voit Marianne débarquer du paquebot ! 

Vous n'en saurez pas plus mais je laisse votre imagination vous tenter (ou pas) de vous plonger dans ce magnifique roman d'aventures à l'écriture parfaitement maîtrisée et enchanteresse.

Eloïse de Kay Thompson

Lire Eloïse, c'est plonger dans vingt minutes de bonheur à l'état pur ! C'est redevenir un enfant, c'est rire et sourire, c'est réaliser toutes les bêtises déjà réalisées ou qui restent à réaliser, c'est s'en laisser inspirer d'autres...

Dans aucune autre oeuvre jeunesse illustrée je n'ai trouvé cette symbiose entre le texte et le visuel. Déjà, en avance sur son temps, le roman présente bien des originalités parmi lesquelles la page qui se déplie (oui, messieurs, dames, dans un Folio !).

J'adore ce petit livre ; j'adore Eloïse et j'adore le formidable éloge à l'ennui que nous offre avec beaucoup de fantaisie son auteur. Eloge à l'ennui, vous direz-vous ? Oui, l'ennui de l'enfance, c'est-à-dire un ennui qui n'est pas triste mais coloré, un ennui fantaisiste duquel naît la plus superbe des créativités, celle de l'enfant ! Car, faites-en l'expérience et laissez un enfant seul "s'ennuyer" dans sa chambre plutôt que le laisser se lobotomiser les neurones devant le petit écran, c'est à ce moment-là que l'enfant, plein de ressources créera son univers, libérera son imagination, affirmera ses goûts et créera sa propre histoire faite de bêtises, d'expériences et de soliloques. Peut-être que, comme Eloïse, il transformera une boîte de mouchoir ou un coquetier en chapeau ?

Ah, au fait, vous voulez peut-être savoir qui est Eloïse ? C'est une gamine de 6 ans à l'imagination fertile qui vit avec sa Nanny à l'hôtel Plaza de New York. On ne lui connaît pas de papa et sa maman est en voyage ou en vacances. Son univers à elle, Eloïse, c'est l'hôtel, ses couloirs, ses hôtes, ses employés, ses ascenseurs et... son room service ! Un monde atypique pour une héroïne de roman jeunesse mais dont Eloïse tire le meilleur profit !

Joyeuses Pâques Dora !

Coup de coeur pour cet album musical mettant en scène Dora qui, pour une fois, ne part pas à l'aventure avec sa célèbre carte mais se prépare à fêter Pâques. A une semaine de l'arrivée des cloches, c'est de circonstance ! 

La très bonne surprise vient du fait de s'appuyer sur Dora, l'un des personnages préférés des enfants, garçons ou filles, pour redonner à Pâques sa place loin de la simple dégustation de figurines en chocolat jusqu'à l'indigestion et cela, sans connotation religieuse.

Dora est dans sa famille, comme n'importe quel enfant ayant la chance de fêter Pâques en famille. En chantant 10 mélodies issues du répertoire musical des comptines, Dora et Babouche aident les parents de Dora à cuisiner de bons petits plats, peignent des oeufs qu'ils sont allés chercher au poulailler, jouent au passage avec les poussins (ce qui peut être une bonne occasion d'expliquer qu'il n'y a pas de poussins dans tous les oeufs, notamment dans ceux qui servent à faire l'omelette et le gâteau !) et vont bien sûr partir à la recherche des oeufs dans le jardin, panier sous le bras. 

Très belle qualité graphique pour un album tout carton moyen format très résistant aux chocs et aux manipulations. Ce livre est équipé un bouton stop-son si vous craquez après plus d'une heure de lecture :-) Vous pourrez alors facilement prendre le relais en chantant choeur avec vos enfants car les paroles des mélodies sont écrites sur chaque page !

Avant toi de Jojo Moyes

Quand Babelio m'a envoyé ce roman en disant qu'ils voulaient ma critique, j'ai été flattée. Très flattée.

Quand j'ai déballé le roman de son enveloppe et ai découvert sa couverture et le nom de sa collection (Grande Romance - Milady), je n'ai pu m'empêcher de froncer un sourcil.

Quand j'ai lu sur la 1ère et la 4ème de couverture les chaleureuses recommandations de mags féminins ("Un roman irrésistible, magique et déchirant qui ne vous épargne aucune émotion", Marie-Claire. "C'est un triomphe ! Cette histoire d'amour improbable est si intense que vous aurez besoin de toute la boîte de mouchoirs !" Elle), j'ai carrément frémi intérieurement ! 

Tel un spectre terrifiant, le souvenir du dernier roman lu dans le cadre du programme Masse Critique, à savoir Juste avant le Crépuscule de Stephen King (cf. ma critique si le coeur vous en dit), s'est imposé brutalement à ma mémoire... Tous les signes extérieurs de mièvrerie et de pauvreté stylistique semblaient réunis pour me décourager dans mon entreprise.

Cependant, avant de renoncer et de trahir la confiance d'une équipe extra qui, via ce super site de lecteurs qu'est Babelio, m'offre de très beaux moments, je décide de laisser encore une chance au roman en lisant le résumé de la 4ème de couv. Bien sûr, grâce à ma capacité bionique à concevoir des préjugés négatifs, je lève les yeux au ciel et me dis immédiatement : "Ah, voilà une Anglaise qui aura vu Intouchables au ciné et qui aura flairé la manne !". 

Bon, sérieusement, si je continue comme ça, il y a des chances que je vous perde, si ce n'est déjà le cas... Allez, courage, tournons la première page et commençons notre lecture...

LA CLAQUE !!!

Monumentale, énergique et inattendue.

Littéralement happée, aspirée, entourbillonnée (le lyrisme m'inspire de nouveaux mots parfois) par une narration fluide, simple et parfaitement maîtrisée, je suis incapable d'échapper à une première nuit blanche, suivie d'autres heures fiévreuses quand, du fond de mon lit où je tiens une sacrée grippe, je suis totalement incapable de lâcher prise...

Je dévore, je ris, je pleure, purée, je pleure !?
La boîte de mouchoirs est bien là, posée à côté de moi, et son niveau baisse...
Je re-dévore, je re-ris, je re-pleure, non mais Gwen c'est pas bientôt fini de chialer comme ça ? c'est un BOUQUIN, une fiction, c'est imaginaire, c'est déchirant, c'est réel, purée c'est réel !

Pas la romance, bien sûr, elle, elle est bien inventée et très belle, sensible sans jamais être mièvre. Non, ce qui est réel, c'est la complexité des relations entre les personnages, leurs rapports aux autres, aux leurs, au familier comme à l'inconnu. Malgré la banalité des liens entre les gens, une force se dégage et vous enveloppe, vous séduit.

Lou, 27 ans, qui a oublié de développer ses compétences en se bornant à être serveuse dans un troquet où son cerveau a pu confortablement resté sur "pause" pendant six ans, devient, suite à un licenciement, l'aide-soignante de Will, un ex-Golden-boy londonien devenu paraplégique après un banal accident de la circulation. Sans aucune formation professionnelle ni expérience personnelle du handicap, Lou va être soudain catapultée dans un univers tétanisant (c'est le cas de le dire!) où elle n'aura aucun repère et où elle devra se heurter à ses propres handicaps sociaux : handicap relationnel avec les membres de sa famille, en particulier avec sa soeur cadette Katrina, et handicap affectif avec Patrick, son compagnon dont la passion non-bridée pour le sport tiédit irréversiblement leur vie de couple. Les rapports entre Lou et son patient vont devoir, quant à eux, évoluer et trouver leur voie dans un contexte familial tendu, un environnement médical oppressant et un décor isolé et déprimant, celui de l'Annexe, un logement entièrement adapté à une vie en fauteuil roulant et qui n'est rien d'autre qu'une cage.

De l'incompréhension naîtra l'attention, du mutisme surgira laborieusement le dialogue et le lien social, du drame triomphera le cynisme rationnel d'une existence brisée.

Les questions de société que pose l'oeuvre (la place du handicap dans notre civilisation, l'isolement et la dépendance des invalides, les conflits de générations, les différences sociales, les rapports filiaux, les maux économiques, l'équilibre précaire de la vie de couple...) sont traitées avec une finesse et une sensibilité qui m'ont complètement et définitivement séduite.

Un coup au coeur ; un coup de coeur !

Un grand merci à Babelio pour cette belle découverte.

Ambre de Kathleen Winsor

Si je pouvais titrer ce billet, nul doute que ça donnerait ceci : 
De l'importance d'accorder un peu d'attention aux revues périmées qui hantent la salle d'attente de mon médecin.

Hum, quel rapport avec le ci-devant roman ? Tout simplement parce que c'est dans un magazine féminin lambda que j'ai découvert l'existence de cette épopée extraordinaire ! 

Ambre est une héroïne comme vous n'en avez sans doute pas rencontré des masses. De basse extraction, sans autre éducation que celle de la paysannerie anglaise du XVIIème siècle (ce qui, en clair, est égal à pas grand chose), fine dans sa tournure d'esprit mais pas particulièrement intelligente, bref, autant d'indices qui vous la désignent comme une anti-héroïne sauf que... Ambre possède un sens aigu de l'opportunisme, une agilité de réflexion qui lui fait comprendre plus vite que l'éclair où se trouve son intérêt et quel bénéfice elle peut obtenir de telle situation ou de telle rencontre. Réactive, impulsive, elle préfère agir que réfléchir !

Ambre n'a que deux armes pour lutter dans cette société anglaise du XVIIème siècle, socialement cruelle et politiquement agitée : sa beauté et son esprit. Elle va en user sans scrupule pour s'extraire de sa cambrousse et gravir un à un les échelons d'une ascension sociale qui la mènera jusque dans le lit du roi ! 

Cette jeune femme, dotée d'un tempérament que n'aurait pas renié une Scarlett O'Hara, va dans le même temps connaître les joies et les tourments d'un amour entier et fusionnel pour Lord Carlton, celui par qui tout a été rendu possible, l'amant des prémices, le père de ses enfants, son espoir de rédemption... Tout au fil du récit, parfaitement documenté sur la période troublée de la Restauration, Kathleen Winsor nous entraîne dans le sillage d'une héroïne au destin flamboyant, dans des décors à couper le souffle, de la campagne anglaise pouilleuse aux ors des palais londoniens et fait naître en nous une affection réelle pour cette courtisane au coeur dur et au caractère déterminé et égoïste qui ne recule devant rien pour atteindre son idéal. 

Ambre, triomphante, parviendra au sommet de ses ambitions dans un grand débordement d'énergie et réalisera alors que le bonheur (concept qui n'avait aucune réalité pour la plupart de ses contemporains) n'est pas l'aboutissement glorieux qu'elle avait imaginé. Ce trésor, finalement, se tenait peut-être en-deçà de sa ligne d'arrivée mais emportée par sa rage de réussir le plus vite possible, elle sera sans doute passé devant sans le voir. Sera-t-il alors encore temps pour elle de faire demi-tour et de rattraper ce bonheur qui s'acharne à fuir ?

Le roman d'Ernest et Célestine de Daniel Pennac

UN DIAMANT !!!

Daniel Pennac, de sa plume fantaisiste et enchanteresse, offre tout simplement au lecteur un miracle ! ou comment réussir à donner encore plus de corps et de profondeur aux très beaux albums jeunesse de Gabrielle Vincent qui occupent déjà le top de ce que la littérature pour les plus jeunes peut offrir de mieux. De la poésie, de la tendresse, de la fraîcheur et de la sincérité à l'état pur ! Le tout, sans AUCUNE mièvrerie.

Toute cette poésie (qui ne s'explique pas mais qui se lit) se retrouve donc dans le court roman de Pennac, scénariste de l'excellente adaptation cinématographique de Benjamin Renner, sortie sur nos grands écrans les 12/12/12. D'ailleurs, si vous n'avez pas encore emmené vos chères têtes blondes visionner ce dessin animé, ne perdez pas une minute ! 

Pour celles et ceux qui auraient la malchance de ne pas encore connaître nos deux protagonistes, petit rappel : Ernest est un Ours et Célestine, une petite Souris. Dans un monde où rien ne les prédestinait à se rencontrer, à s'entendre, à se comprendre et encore moins à vivre ensemble, ils vont pourtant faire tout ça et en tirer le plus grand bonheur du monde, le tout dans une joyeuse anarchie, tant ménagère que sociale. Un grand et bel éloge à l'amitié, à la complicité et à la confiance ! 

Avec une grande fidélité à l'oeuvre de Gabrielle Vincent, avec un sens aigu des problématiques sociales qui agitent notre civilisation, avec un don inné pour communiquer au lecteur les émotions les plus simples dans toute leur beauté et leur fraîcheur, Daniel Pennac offre un roman léger et divertissant qui est à la fois un concentré d'espièglerie digne de figurer parmi les histoires à conter aux enfants et une satire sociale pleine de piment et de tendresse de laquelle chacun peut tirer un enseignement juste et non-moralisateur. 

Non-partisan, l'auteur ne fait que mettre en évidence des voies différentes de la pensée unique individualiste : des êtres qui ne se ressemblent pas peuvent s'assembler ; l'amitié est une émotion précieuse et capitale pour trouver le bonheur et s'y épanouir ; enfin, chacun doit trouver le courage de s'affirmer dans sa propre voie ou vocation sans se laisser emprisonner par les diktats "civilisateurs" dans les carcans sociaux.

2013 commence pour moi par ce très beau coup de coeur, merci Monsieur Pennac !

Paulina 1880 de Pierre-Jean Jouve

Coup de coeur ! 

Lu une première fois quand j'étais enfant (oui je dis bien enfant) et il ne m'en restait aucun souvenir, sans doute parce que je n'en avais pas compris un traître mot ! Or, je n'aime pas savoir que j'ai lu une oeuvre sans en rien savoir donc j'ai inscrit Paulina 1880 à la lettre J de mon challenge ABC. 

Comme j'ai été bien inspirée ! Je ne m'attendais vraiment pas à lire un récit aussi romantique, d'une telle intensité poétique et empreint d'une telle ferveur ! 

L'écriture est superbe même si la narration est un peu déconcertante au début, l'auteur n'hésitant pas à malmener son système de locution, passant d'un JE narrateur à une narration impersonnelle dans le même paragraphe. 

En 4ème de couverture, Gallimard a retranscrit cette citation de Gaston Bachelard "Je n'ai cessé de trembler en lisant" et je dois avouer que je ne suis pas loin d'avoir fait de même. Il y a un côté captivant à se prendre au suspense d'un récit dont le dénouement vous est déjà connu, révélé par la 4ème de couverture justement.

Bon, tout ça ne vous dit pas de quoi parle le roman. 
Paulina Pandolfini est une jeune Milanaise dont la famille illustre attend beaucoup quant à son avenir. Or, trompant la surveillance de son père et de son frère, elle succombe au(x) charme(s) du conte Michele Cantarini, un homme marié. Une passion d'une intensité rare va désormais unir ces deux êtres. Paulina, déchue aux yeux de la société, perdue dans ses remords, méprisée par elle-même mais incapable de renoncer à son amant va connaître un chemin de douleur entre sentiments déchaînés et mysticité exacerbée. Le lecteur, spectateur et complice, assiste à toute la progression de la pensée de Paulina, de l'emportement amoureux à la folie, en passant par la gaîté voluptueuse et le désenchantement morbide.

J'ai littéralement été envoûtée par la plume de PJJ, par la poésie de sa prose, par le rythme de son récit, enfin par son héroïne si humaine qui, ayant désespéré de l'extase charnelle a aspiré si désespérément à l'extase spirituelle.

Paulina 1880, c'est le combat d'une âme chaussée de plomb.

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Impressionnant ! 
J'ai emprunté ce thriller à Leiji et sincèrement je ne pensais pas que ce roman serait un polar aussi excellent. Cependant, il l'est. Indéniablement.

Donato Carrisi, passionné par le domaine des tueurs en série (il a écrit une thèse sur un psychopathe!), nous fait largement entrevoir son expertise dans ce roman de plus de 500 pages qui tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre, sans relâche.

L'affaire est complexe : 6 fillettes ont été kidnappées, on ne retrouve d'elles que leurs bras gauches enterrés tous ensemble au fond d'une forêt... Macabre ? Absolument, et ce n'est que le début. Âme sensible et coeur fragile s'abstenir ! Le lecteur est entraîné dans un jeu de piste vertigineux, sur la trace du tueur en série, aux côtés d'une équipe de professionnels (agents spéciaux, criminologue, spécialiste de la recherche d'enfants disparus, etc.). Jamais, en fait, un thriller (ici inexorablement doublé d'un livre d'horreur) ne m'avait autant fait froid dans le dos ! Et pourtant, il en faut pour me clouer à mon fauteuil jusqu'à des 3h du matin, incapable de lâcher mon attention de ce livre à la fois fascinant et répugnant qui nous fait regarder d'un peu plus près et sans fard notre propre humanité. Dans ce contexte, j'ai plusieurs fois frôlé la crise cardiaque quand mon chat a soudain sauté sur mes genoux ou quand mon voisin est venu, tard le soir, tambouriner à ma porte pour... m'offrir un pot de miel ! A certains moments, je l'avoue, je n'étais pas loin de la transe et comme les inspecteurs, j'ai très nettement eu l'impression d'être menée en bateau par le dangereux maniaque qui hante les pages du roman.

Pour renforcer cette atmosphère oppressante et inscrire l'affaire fictive qu'il décrit dans une intemporalité à la fois instructive et moralisatrice, l'auteur ne situe pas son action : pas d'année (même si on comprend que l'action nous est contemporaine) et surtout pas de lieux cités (à un moment il évoque l'Ohio mais pour parler d'une histoire vraie). Par le nom des personnages et les descriptions de lieu, on devine qu'on se trouve aux USA, on peut imaginer, bien qu'il ne soit jamais mentionné, que les agents spéciaux en charge de l'affaire appartiennent au célèbre FBI mais c'est au lecteur de planter le décor. Dès les premières pages, on perçoit que l'auteur est parfaitement documenté sur le sujet, qu'il maîtrise sa narration, fluide et prégnante, et qu'il excelle dans le portrait psychologique, que ce soit celui de l'assassin ou des policiers lancés à ses trousses...

En résumé, je dirai que j'ai lu ce roman comme j'aurais visionné une très bonne série policière américaine à la télé, chaque chapitre apportant son coup d'éclat ou son revirement de situation qui renforce l'angoisse et le suspense tout à la fois. Dans ce cas, pas d'autre solution que de dévorer les chapitres les uns après les autres comme on engloutirait les 25 épisodes d'une série qui aurait tout à gagner à adapter ce récit !

Absolument dé-bor-dée ! de Zoé Shepard

Absolument JU-BI-LA-TOI-RE !!

 

J'ai emprunté ce livre uniquement pour me faire ma propre opinion avant de pouvoir le juger tant les critiques étaient partagées mais franchement je m'engageais dans sa lecture avec un énorme a priori négatif. Et, en fait, grosse et agréable surprise, j'ai beaucoup aimé. Carrément hilarant, au point de me faire venir les larmes du fou rire aux yeux, au point aussi de sérieusement inquiéter mon mari un bon nombre de fois quand, entendant mes gargarismes spasmodiques sortir de la chambre où je lisais, il pensait que j'étais en train de m'étrangler avec un cachou...

 

Parmi les critiques qui m'avaient mise en garde contre ce roman, l'un des arguments les plus assassins était la condamnation du style de l'auteur mais pour ma part, malgré ma sévérité en la matière, j'ai été séduite par la langue fluide, parfaitement maîtrisée, cultivée sans tomber dans l'érudition (inutile pour ce type d'ouvrage) et très humoristique.

 

Je peux comprendre que des employé(e)s du Public, alias fonctionnaires, aient été blessé(e)s par ce récit mais j'ai envie de dire qu'il n'y a que la vérité qui blesse. Personne, et moi la première, ne se permettrait de mettre tout le monde dans le même panier mais enfin, soyons honnêtes, dans notre vie quotidienne, combien d'exemples confirment ce qui est présenté ici, certes de façon exagérée (ou pas) et très satirique mais également très drôle ! Personnellement, les multiples anecdotes qui composent le récit et, à mon sens, greffés sur une vraie trame avec un réel effort d'en faire un roman et non une compilation de brèves de comptoir, trouvent écho dans ma propre expérience et dans toutes les histoires rapportées par mes amis fonctionnaires souvent contraints de faire "semblant d'être overbookés" et de passer des journées entières à suivre du regard les mouches agglutinées sur la fenêtre de leur bureau. Sur le fond, donc, c'est au lecteur de faire la part des choses et d'adhérer au second degré revendiqué haut et fort par l'auteur. Il est certain que si ce roman est lu au premier degré et qui plus est par un fonctionnaire, c'est impossible de l'apprécier à sa juste valeur. Moi, j'ai été morte de rire la moitié du temps.

 

Sur la forme, cela fait tellement de bien de se détendre en lisant un texte limpide, frais, sans prise de tête et aussi enthousiasmant. Très sincèrement le personnage de Coconne est criant de vérité et, je rassure tout le monde, n'est pas exclusif au Public ! Dans le Privé, nous avons aussi nos Coconnes ou nos Cocons (beaucoup trop poétique comme terme) et j'en veux pour preuves ces quelques anecdotes survenues ce matin même à mon boulot :

 

Assistante comptable - Gwen, comment je trouve le numéro de téléphone de l'imprimeur -

Gwen - Hum, laisse-moi réfléchir... au choix : par Google, dans l'ERP, sur les devis, sur les factures. Tu devrais t'en sortir, non ?

Assistante comptable - Je préférerais que tu me le trouves.

Gwen - (envie de meurtre !)

 

Commercial - Gwen, tu peux m'acheter mes billets de TGV stp ?

Gwen - Tu as accès à Internet ? Tu as une carte business ? Accessoirement, t'es un grand garçon de 52 ans à jour de ses vaccins ? Oui ? donc tu peux te débrouiller tout seul.

 

Assistante Achats - Gwen, je peux t'embêter deux minutes stp ?

Gwen - C'est pour quoi ? Assistante Achats - Tu peux me montrer comment fonctionne le massicot.

Gwen - !!!!???? Bah, tu lèves la lame, tu la baisses et c'est coupé !

Assistante Achats - Je préférerais que tu me montres.

 

Cliente - Je voudrais un chiffrage pour du XXX.

Gwen - Pour ce produit, madame, vous devez appeler Antoine Mathieu, notre responsable commercial pour l'industrie.

Cliente - Ah bon ? Comment vous écrivez son nom ?

Gwen - Son nom Mathieu, M. A. T. H. I. E. U. et son prénom Antoine.

Cliente - Qui s'écrit A. N. T. O. Y. N. je suppose ?

Gwen - Euh, non, Antoine.

Cliente - Vous me l'épelez svp.

Gwen - ???? A. N. T. O. I. N. E. !!

 

En résumé, je dirais que ce n'est pas parce que j'ai lu ce roman que les fonctionnaires vont devenir mes bêtes noires, je n'avais déjà pas une très haute opinion du Service Public avant de le lire et je sais aussi prendre du recul, faire la part des choses et rendre justice aux milliers de fonctionnaires qui font correctement leur job, avec efficacité et conviction.

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