N'oublier jamais de Michel Bussi

***ALERTE SPOILER***
Plaisir de lecture : Néant.
Suspense : Néant. 
Frissons : Néant.
Ennui : Elevé.

Non, non et encore non. 
1/ Je vais arrêter de lire des polars français qui semblent juste écrits pour servir de futurs scénarios aux feuilletons de l’été de TF1.
2/ Il faut que je perde cette manie de deviner le dénouement avant la moitié du bouquin.
3/ ça me fatigue les auteurs qui jouent les VRP pour Quai des Marques.

C’est quoi le problème au fond avec ce bouquin, Gwen ?
Allez, vous prendrez bien un petit cocktail au shaker ? Jamal, jeune Beur issu d’une cité du 9-3, unijambiste* répare des poignées de porte et débouche des chiottes dans un institut psychiatrique de la région parisienne. Ses principaux buts dans l’existence : gagner un défi sportif et s’envoyer une femme canon. En congés à Yport, près d’Etretat, ce faux anti-héros va être rapidement englué dans la toile d’araignée qu’une poignée d’autochtones unis par la même soif de vengeance a patiemment tissée. Jamal est donc en danger, en très grand danger et pourtant… il réalise la prouesse d’écrire minutieusement son journal dans le feu de l’action, dans cette course contre la mort. Faut dire que c’est un habitué des courses contre la montre, ça explique peut-être tout ? 

Sur le chemin de Jamal, bien des coïncidences, des rencontres opportunes et des indices, presque autant que de galets sur une plage de la Manche. 
Sur le chemin de Gwen, une intrigue si capillotractée qu’elle perd vite toute crédibilité pour mieux gagner en ennui.
Place à une petite rétro-pagination (***RE-ALERTE SPOILER***)
p. 499 : dénouement mièvre et prévisible.
p. 397 : je découvre qui est le tueur.
p. 341 : je comprends toutes les anagrammes de tout le monde, j’ai pigé le truc même si je n’en reviens pas que l’auteur en ait tellement abusé.
p. 338 : La fausse Mona explique enfin à Jamal le système des anagrammes entre Magali Verron et Mégane Avril quand ça fait presque 100 pages que je le lui crie vainement aux oreilles.
p. 253 : Je pige le système des anagrammes, non seulement celui de Magali mais aussi celui de Mona.

Voilà. Maintenant, passons aux invraisemblances.
1/ Comment Mona-Alina, la rouquine-musaraigne-souris-marmotte, parvient à écrire les anagrammes sur un pare-brise dit « poussiéreux » alors qu’il vient de pleuvoir des cordes ? Et comment Jamal assis au volant peut-il les lire dans le bon sens ? Bussi ne va pas me faire croire que Mona a pensé à inverser ses lettres ? Non, d’ailleurs, il ne le fait pas.
2/ Pourquoi Océane, au moment de sauter de la falaise, essaie-t-elle de faire fuir Jamal en lui disant de partir vite, de décamper ?
3/ Pourquoi Alina-Mona-Musaraigne-Marmotte apparaît-elle sur deux photos des albums de famille de Martin Denain alors qu’elle n’est en fait pas chercheuse en silice ?
4/ Pourquoi Jamal ne cherche-t-il pas à découvrir l’expéditeur des enveloppes kraft et à étayer ses soupçons concernant Alina-Mona-Musaraigne-Marmotte ?
5/ Qui peut croire qu’un type qui se fait passer pour un chômeur s’appelle Le Medef ?
6/ Franchement, qui peut croire à cette histoire de vengeance préparée un an à l’avance par la mère inconsolable et devant souder 6 acteurs (sans compter le chien) sans jamais déraper ? (Ah, au fait, pour celles et ceux que ça intéresse, Bussi a oublié de dire que c’était Carmen qui avait fait gagner à Jamal son séjour à Yport en lui faisant croire qu’il participait à un jeu-concours). 
6 bis / Qui peut croire à cette pseudo tentative de « piège dans le piège » de la part de Piroz ? Un enquêteur assez fin pour vouloir la « jouer à l’envers » au tueur en série et assez con pour parler trop fort sur un bateau ?
7/ Enfin, est-il possible qu’au moment où Jamal touche enfin à l’un des buts de sa vie, à savoir sauter un mannequin, et que la fille est sur lui, toute consentante, il se mette à lui débiter son autobiographie et la genèse de son handicap ? Est-ce que c’est là que j’étais sensée verser une larme, syndrome « Intouchables » oblige ? Raté. 

J’ai bien failli à un moment faire une overdose d’anagrammes (oui, Bussi en a abusé, jusqu’à en faire une avec le nom du chien…), c’est pourquoi, pour remuer un peu l’ennui de ma lecture, j’ai tenté sans y parvenir de chercher une anagramme XXL en regroupant toutes les marques citées par l’auteur. C’est parti, accrochez-vous à vos bretelles : Lotus (les spéculoos pas le PQ, faut quand même pas pousser Mémé…), Burberry (avec insistance, vous pensez, c’est l’arme du crime, on vous donne même le prix pour vous aider à guetter les soldes), North Face, Vuitton, Eden Park, Armani, Calvin Klein, King Cobra, Nike, Twinings, Moleskine, Dior, K-Way, Dell, Kaporal. J’ai cogité, cogité, cogité et puis renoncé… J’avais déjà consacré trop de temps à ce roman, autant en finir au plus vite.

Côté écriture, sincèrement, on frôle la rédaction de collège. Hum… le style ? Considérant l’encensement dont bénéficie Bussi, je ne me serais jamais attendue à un niveau aussi ras des pâquerettes. La narration du journal de Jamal est identique au style des différents éléments de l’enquête : rapports, divers comptes-rendus d’interrogatoires… ou comment rendre le récit encore moins crédible. 

J’aurais pu fermer les yeux sur les failles de ce polar et être plus indulgente, histoire de reconnaître que Michel Bussi s’était bien remué les méninges pour pondre une intrigue aussi (faussement) complexe mais il m’a lui-même donné le coup de grâce p. 495 avec ce superbe point d’orgue quand la police retrouve le journal de Jamal : « Je l’ai lu, c’est édifiant » écrit le flic avant d’inscrire noir sur blanc dans son rapport : « Monsieur le directeur, vous tenez là une histoire que n’importe quel éditeur s’empresserait de publier. » Ah, la clé du mystère est donc là : Michel Bussi est son propre VRP ! Enfin presque, si je puis me permettre, reste à sérieusement travailler les titres…

*Le handicap est tendance depuis 2011. D'ailleurs, coïncidence, le meilleur pote de Jamal, son collègue Ibou, ressemble trait pour trait à Omar Sy (p. 31).

Le journal de Mr Darcy d'Amanda Grange

Concernant ce livre, si je ne veux pas mourir assassinée sur cette toile, je ne peux pas me contenter de dire qu’il s’agit de pipi de chat, encore faut-il que j’argumente mon propos. Ce n’est certes pas par plaisir sadique que je sors ainsi les griffes mais par honnêteté intellectuelle. Celles et ceux qui me connaissent n’ont plus à être convaincus de mon intérêt profond pour l’œuvre de Jane Austen et jusqu’à présent, si j’ai toujours freiné des quatre fers devant la perspective de lire des romans "para-austeniens" qu’un intérêt sincère pour la période et/ou une envie non moins sincère de gagner quelque argent ont poussé certains auteurs à commettre, c’était en raison d’un pressentiment funeste qui vient tout juste de trouver sa justification.

Les romans de Jane Austen sont des merveilles de maîtrise stylistique, d’humour, de psychologie et d’évasion. C’est le parfait équilibre de ces composantes, liées par le charme d’une plume affirmée, qui en fait la grandeur, l’atemporalité et de la notoriété méritée. Or, le roman de Mrs Grange ne contient aucun de ces composantes fondamentales et est dénué de tout éclat. C’est sans aucun talent que l’auteur s’est lancée dans l’exercice de nous décrire le point de vue de Darcy, héros du célèbre "Orgueil et Préjugés" et soupirant d’Elizabeth Bennet. Le seul dessein de traiter les lecteurs avec complaisance a guidé Amanda Grange dans son entreprise. Partant de là, la facilité semble avoir été de mise, la rigueur reléguée au placard et les scrupules étouffés sous le poids d’un titre racoleur. 

Sur la forme comme sur le fond, c’est un fiasco.

Sur la forme.
Sans même être diplômé "maître es Austen", il suffit d’avoir lu "Orgueil et Préjugé" pour savoir que Jane Austen aimait à mettre à l’honneur ses principaux protagonistes à travers leurs vertus et les talents. Un gentleman de l’envergure, de la fortune et de la personnalité d’un Fitzwilliam Darcy n’entreprendrait un journal que pour y rapporter les faits marquants de son existence dans un style à la fois viril et élégant mais certainement pas pour y collecter les indignes cancans et propos sucrés de son cercle, ni les menus faits et gestes futiles et inintéressants de son entourage. Mrs Grange nous dévoile ici sa totale incompréhension du personnage dont elle prétend interpréter les pensées et les sentiments. Un Fitzwilliam Darcy ne reporterait pas non plus ses échanges avec tel ou tel de ses proches en "ouvrant les guillemets, à la ligne, tiret" et pour rien au monde il ne réécrirait dans son journal les lettres écrites ou reçues par lui ! Cette forme stylistique est totalement ridicule et ne peut manquer de faire lever le sourcil à tout lecteur ayant un peu de bon sens et de respect pour le système narratif. Par définition, un journal relève d’une narration antérieure et utiliser le dialogue dans sa forme vivante en fait une narration spontanée, pour un résultat totalement discordant qui rend le récit peu crédible et la lecture inconfortable. Le vocabulaire basique et la simplicité syntaxique de l’ensemble du récit en font un roman plus que médiocre digne, selon moi, de figurer dans la collection Harlequin. 

Sur le fond.
L’humour et la finesse qui caractérisent si bien l’écriture de Jane Austen sont totalement absents du "Journal de Mr Darcy" et le style très pauvre ne rend pas justice à l’homme accompli et lettré qu’est le maître de Pemberley ni à son style qui nous fut pourtant parfaitement révélé par la longue lettre qu’il écrivit à Elizabeth pour se laver des deux accusations dont elle l’avait injustement chargé. Toute cette entreprise ne semble donc qu’une tentative pour justifier le comportement jugé odieux de Darcy envers Elizabeth, lui ôtant avec acharnement tout le mystère qui le caractérise et qui contribue à faire de la relation des deux amants une succession de malheureuses méprises pleine d’intérêt et de passion. En définitive, ce roman n’apporte aucun complément et encore moins d’approfondissement à la connaissance que l’on peut avoir de Darcy et de ses rapports avec Elizabeth. Rendre Darcy plus "normal" et moins antipathique n’accroît en rien son magnétisme et sa séduction, bien au contraire…

En vérité, si on a vraiment lu "Orgueil et Préjugés", on reconnaîtra à Jane Austen d’avoir donné elle-même le point de vue de Darcy dans son roman qui, bien qu'étant essentiellement narré du côté "Bennet", s’équilibre parfaitement et donne très suffisamment d’indices et d’informations concernant les sentiments et les opinions des protagonistes de "l’autre bord" sans qu’il soit utile à une Amanda Grange de se lancer dans une initiative commerciale stérile. 

Matériaux anciens de Wim Pauwels

Ne vous attendez pas en ouvrant ce livre moyen format aux belles photos à trouver expliquées point par point les techniques ancestrales pour aménager astucieusement, à peu de frais et avec les moyens du néophyte, votre intérieur. Sauf si vous avez eu la chance d'hériter d'une maison de maître, d'un appartement haussmannien, d'une villa Belle-Epoque, d'un cottage normand, d'un manoir périgourdin ou d'une abbaye ayant survécu à la Révolution, alors là, bien sûr, ça change la donne !

Car, ce livre, à l'esthétisme soigné, pourrait tout aussi bien être le supplément hors-série d'un mag déco qui vous présenterait les très jolies décorations de très jolies demeures où personne ne semble vivre, où le temps semble suspendu, où les habitants marchent en patins et où la canne à pêche et l'épuisette géante impeccable sur laquelle ne subsiste pas un gramme de vase ne semblent posées négligemment contre le vestiaire que pour rendre l'atmosphère plus authentique (je n'irais pas jusqu'à dire "rustique", on pourrait alors se méprendre et penser qu'il s'agit d'une demeure "rurale"). 

De jolies demeures-musées bourgeoises donc qui, si elles ont un point commun avec les nôtres (je me permets de nous mettre, vous et moi, dans le même panier, avec les torchons), ce dernier n'existe que dans notre imaginaire déraisonnable car, au fond de nous, on sait bien que même si on nous donnait l'opportunité de vivre en de tels lieux, il est probable qu'un pull (ou une serpillière) traînerait dans un coin, non moins négligemment que la canne à pêche et l'épuisette géante mais incontestablement avec moins de classe et qu'il y aurait sur le petit meuble près de l'entrée un imbroglio de clefs, de post-it griffonnés à la hâte pour ordonner de ne pas oublier d'acheter le pain, de jouets McDo cheap délaissés par les enfants et complètement inutiles mais qu'on ne peut pas jeter sous peine de déclencher une crise de nerfs enfantine et de prospectus de promo "Semaine du Boeuf" (ou "Semaine du Cheval", je suis consensuelle) plus ou moins d'actualité... bref, le petit bordel quotidien. Quoi ? vous n'avez pas ce genre de mini-bazar chez vous ? Votre nez s'allonge ! 

Bref, en résumé, vous l'aurez compris, un ouvrage peu utile mais qui flatte à la fois l'oeil et l’orgueil des propriétaires des biens susnommés.

Le loup et la colombe de Kathleen Woodiwiss

Mais que diable allais-je faire dans cette galère ? 

Vous me direz (avec raison) : « C’est l’jeu ma pauv’ Lucette ! (euh, Gwen) »
Et bien oui, j’ai joué et j’ai perdu, ça arrive à tout le monde mais ce constat ne m’épargne pas l’irritation du sentiment de perte de temps ! 

Ce roman ne comptant que 370 pages et n’aimant pas abandonner une lecture, animée au fond de mon être par l’espoir ténu que les choses vont s’améliorer, j’ai donc persévéré jusqu’à en venir à bout. Pourquoi m’être procuré ce roman ? Car, oui, circonstance accablante, j’avoue qu’il n’était même pas dans ma bibliothèque, en train de prendre la poussière aux côtés d’autres œuvres trop longtemps délaissées ; non, je l’ai bel et bien acheté après avoir lu des commentaires plutôt élogieux sur Babelio qui avaient titillé ma curiosité de lectrice. Mal m’en a pris, au grand jeu de la roulette russe babeliesque, il faut savoir être bon perdant ! 

Allez, gardons notre bonne humeur et considérons ce récit avec un peu de recul.

La colombe, c’est la belle Aislinn, une Saxonne (ah, oui, j’oublie de préciser que nous sommes en Angleterre en 1066, au moment où Guillaume, notre sympathique duc de Normandie, ravage la campagne anglaise pour la faire sienne), une Saxonne, disais-je, soumise au joug (fatalement violent) de l’envahisseur Normand. Fille noble, elle est prise en otage dans le propre château de son père et mise dans le lit du vainqueur. Evidemment, Aislinn est belle à couper le souffle des moins phtisiques de ses contemporains, elle est rousse comme la flamme vive d’un feu de cheminée (dans laquelle, inévitablement, se consume un tronc entier), possède un corps de rêve à la fois mince et voluptueux (le genre de truc improbable et qui irrite les lectrices mais ce n’est là que vile jalousie, passons…) et par conséquent elle affole sans le vouloir tous les hommes, amis ou ennemis, qui s’aventurent dans un rayon de 50m autour de ses jupons (élégants quoique déchirés). Cerise sur le gâteau : comme 98% de ses semblables (comprenez « héroïnes de romans pseudo-historiques à la sauce romanesque »), elle maîtrise l’art de soigner par les plantes et peut vous éviter l’amputation d’un membre grâce à l’application d’un cataplasme à la bouse des marais (véridique).

Le loup, c’est THE vainqueur, le voilà cet homme au nom qui résonne comme un coup de poing, Wulfar (je n’ai pas réussi à m’y faire même parvenue à la page 370). Plus couturé par les cicatrices de guerre qu’une chaussette reprisée par mes blanches mains, son corps est celui d’un demi-dieu, son regard est tour à tour tendre comme une guimauve Tagada ou dur comme l’acier de Tolède de son épée, cheveux blonds, yeux gris (Christian Grey, sors de ce corps !), c’est un MÂLE dominant et dont le principal rôle est de… dominer. Charmé par les appâts de sa prisonnière, il n’aura, bien évidemment, de cesse que d’y goûter…

Côté histoire (****ALERT SPOILER****), absolument rien de savoureux, tout est prévisible. La moitié du livre se déroule en huis-clos dans le manoir de Darkenwald, fief de la famille d’Aislinn, jusqu’à ce que l’auteur ait pitié de ses lecteurs en passe de devenir cinglés à tourner en rond entre les quatre murs du donjon ou craigne sérieusement que son œuvre leur tombe des mains, les personnages se transportent hors les murs, dans un Londres décrit comme n’importe quelle ville (oui, avec des rues, des maisons et même un château, ben oui, y a quand même un couronnement à placer (en trois lignes)). 

Si vous n’avez pas craqué et si vous êtes toujours en train de lire cette critique, c’est que vous avez l’espoir d’en savoir un peu plus sur l’intrigue (ou pas). Le but du récit est de savoir si oui ou non Wulfar, notre homme-loup, va épouser ou pas notre jolie rouquine, si Wulfar aura raison de Ragnor (autre nom indigeste), son rival, et si notre colombine héroïne va oui ou non réussir à clouer le bec de Gwineth, sa rivale à elle… Vous doutez qu’il faille 370 pages pour venir à bout de cette intrigue cornélienne ? Nous sommes d’accord, ça aurait pu être « torché », si vous me passez l’expression, en 20 pages. Seulement, c’est compter sans l’amabilité de notre auteur qui est pleine d’attentions pour ses lecteurs. Elle ne souhaite pas les priver de la moindre nuitée de nos héros dont les ébats sont décrits avec la pudeur qui sied à une mère voulant expliquer à ses jeunes enfants « comment on fait les bébés ».

En résumé, vous l’aurez compris, je ne recommande pas ce roman sauf si votre niveau d’exigence en termes de romance n’excède pas la prose d’une Jude Deveraux et si votre envie de vous documenter sur la période via un roman historique est réduite à connaître les noms d’Harold et de Guillaume-le-Conquérant. Dans ce dernier cas, désolée, je viens de dévoiler tout le contenu historique du roman, oups !

NB : Aux petits malins qui me répliqueraient que la couverture seule aurait dû me mettre la puce à l’oreille, je réponds qu’il ne faut jamais se fier aux apparences d'un « J’ai Lu » car certaines couvertures niaises dissimulent souvent de très divertissants romans.

Juste avant le crépuscule de Stephen King

C'est donc par ce recueil de nouvelles dont le sens du titre générique m'échappe encore après l'avoir refermé que j'ai fait connaissance avec le KING de la littérature à frissons, le maître incontesté du suspense, de l'angoisse et de l'horreur. Celui qui, à lire les témoignages de ses lecteurs les plus assidus, est capable d'inverser le sens naturel de pousse des poils qui recouvrent vos bras et votre crâne, de celui qui, en un mot, s'y entend si bien pour "faire peur".

Hum... je suis tentée de croire que ce n'est peut-être pas la meilleure façon d'aborder son oeuvre car de génie narratif, je n'en ai point trouvé, de frissons, je n'en ai pas ressenti, d'angoisse je n'en ai pas éprouvé le quart de la moitié d'une seule et d'horreur je n'ai fait l'expérience que de celle de mon ennui, terrifiant quant à lui...

Loin d'être "transcendée" par le style de l'auteur que j'ai trouvé très souvent confus et alambiqué, tournant autour du pot avant de nous faire faire connaissance avec ses protagonistes, j'ai connu l'angoisse de tenir entre les mains un poche de plus de 500 pages dont les premières vous révèlent combien longues à tourner seront les suivantes.

Déjà, j'ai eu quelque appréhension en lisant le préambule de l'auteur qui semble se faire un devoir d'expliquer à ses lecteurs que non, ça n'est pas la crise qui le pousse à publier ces nouvelles mais qu'il a toute légitimité pour le faire et de nous dérouler son CV, donnant l'impression au lecteur d'être un directeur des ressources humaines en train de faire passer un entretien d'embauche à celui qui prétend monopoliser quelques unes de ses heures de lecture.

La première nouvelle, celle qui ouvre le bal et qui, de l'aveu même de son auteur (qui a inclus en fin de volume les motifs de son inspiration pour chacune des treize histoires, plus ou moins brèves, que compte le livre), n'est "pas la meilleure" (!), m'a vraiment fait peur mais pas dans le bon sens. Elle m'a juste semblé donner le ton de ce que serait l'ensemble de l'oeuvre or cette nouvelle m'a non seulement semblé peu crédible et capillotractée mais encore peu originale.

La seconde, la fille de pain d'épice (titre que seuls les Américains peuvent comprendre car il est basé sur une de leurs expressions qui ne trouvent aucun écho chez nous), m'a redonné un léger espoir car j'y ai trouvé quelques éléments susceptibles de l’étiqueter "histoire terrifiante" (la 4ème de couverture nous vendant 13 histoires terrifiantes, j'étais quand même heureuse d'en trouver une!) mais bien que je l'ai lue "juste avant le crépuscule", au fond de mon lit, éclairée par ma seule lampe de chevet, n'ayant pour seule compagnie dans ma grande maison que mon reflet dans le miroir, je n'ai pas frémi de ce frémissement dû à la peur et à l'angoisse sensées caractériser le récit qui défilait devant mes yeux, lesquels ne brillèrent pas d'un éclat trouble où aurait dû se lire l'inquiétude de voir un psychopathe se présenter à ma porte à la nuit tombée... Je reconnais cependant à cette seule nouvelle le mérite de proposer un peu d'action.

Bien, je n'en dirai pas plus et me garderai de décortiquer les autres récits de "Juste avant le crépuscule". Je pense que vous avez compris mon opinion générale. 

Je suis assez déçue car ce livre m'a été envoyé dans le cadre de la Masse Critique de novembre. En demandant à le recevoir, je pensais ne pas prendre beaucoup de risque, confiante en la réputation du KING mais ça m'apprendra à vivre un peu plus dangereusement.... au moins en littérature !

Da Vinci code de Dan Brown

Laborieux à lire et d'un ennui mortel...

 

 

Sauve-moi de Guillaume Musso

Dans la famille "je lis un auteur avant de le critiquer et de descendre en flèche sa prose", j'ai donc choisi cette semaine la carte "Guillaume Musso". Bonne ou mauvaise pioche ?


Alors oui, c'est vrai, je n'avais encore jamais tenu un Musso entre les mains et j'avoue d'ailleurs avoir très bien vécu sans jusque là. Il est aussi vrai que je tordais le nez avec un rien de mépris à l'évocation de cette "littérature" qui sentait pour moi son "piège-à-cons" à 100 mètres. "Encore un qui veut s'enrichir à faire frémir de l'ovaire la ménagère de moins de 50 ans", voilà exactement ce que je me disais. Mais, vous avouerez comme moi qu'il est très déraisonnable voire blâmable de juger un auteur sans rien connaître de son oeuvre... 


Je dois dire que le présent roman a dépassé toutes mes espérances. Je pensais découvrir de la soupe populaire "littéraire" et j'ai fait un plouf retentissant dans une soupe au navet aussi épaisse que salée !


"Aujourd'hui est le premier jour du reste de ta vie.
Inscription anonyme gravée sur un banc de Central Park
C'est un matin de janvier, dans la baie de New York, à l'heure où le jour l'emporte sur la nuit...
Très haut dans le ciel, au milieu des nuages qui filent vers le nord, nous survolons Ellis Island et la statue de la Liberté. Il fait froid. La ville entière est paralysée par la neige et le blizzard.
Soudain, un oiseau au plumage argenté crève les nuages et descend en flèche vers la ligne de gratte-ciel. Ignorant les flocons, il se laisse guider par une force mystérieuse qui l'entraîne vers le nord de Manhattan. Tout en lançant des petits cris d'excitation, il survole Greenwich Village, Times Square et l'Upper West Side à une vitesse stupéfiante pour finir par se poser sur le portail d'entrée d'un parc public.
Nous sommes au bout de Morningside Park, tout près de l'université de Columbia.
Dans moins d'une minute, une lumière s'allumera au dernier étage d'un petit immeuble du quartier.
Pour l'instant, une jeune Française, Juliette Beaumont, profite de ses trois dernières secondes de sommeil.
6:59:57
:58
:59
7:00:00


*


Lorsque la sonnerie retentit, Juliette lança un bras aléatoire vers la table de nuit qui projeta le radio-réveil sur le sol et fit cesser immédiatement le terrible buzzer.
Elle émergea de sa couette en se frottant les yeux, posa un pied sur le parquet brillant et fit quelques pas à l'aveuglette avant de se prendre les pieds dans le tapis qui glissa sur les lattes cirées. Vexée, elle se releva avec célérité et attrapa sa paire de lunettes qu'elle détestait porter, mais que sa myopie rendait indispensable car elle n'avait jamais supporté les lentilles de contact.
Dans l'escalier, une collection hétéroclite de petits miroirs chinés dans les brocantes lui renvoya l'image d'une jeune femme de vingt-huit ans aux cheveux mi-longs, et au regard espiègle. Elle lança une moue boudeuse à la glace puis tenta de remettre un peu d'ordre dans sa coiffure en arrangeant à la va-vite quelques mèches dorées qui virevoltaient autour de sa tête. Son tee-shirt échancré et sa petite culotte en dentelle lui donnaient une allure sexy et mutine."


On s'arrête là ? Vous en voulez encore ? Moi, non ; et c'est exactement là que je me suis arrêtée. Ces premières phrases m'ont fourni tous les renseignements dont j'avais besoin.


Merci, Guillaume Musso, d'être assez honnête pour annoncer tout de suite la couleur à vos lecteurs. Merci de ne pas faire semblant de bien écrire. Merci d'avouer dès les premières lignes que votre livre est une daube commerciale. Merci de nous décrire sans tarder votre héroïne qui ressemble trait pour trait à la femme à laquelle vos lectrices les plus fans rêvent de s'identifier, ce que, n'en doutons pas, elles s'empresseront de faire, tombant dans le panneau que vous leur avez si obligeamment concocté. Comment s'étonner qu'elles crient au génie ?!


Guillaume Musso, 
Voltaire disait que la seule chose qu'il regrettait dans sa vie était de n'avoir pu lire tout ce que la terre comptait de livres et bien, je pense que je vous ai déjà accordé suffisamment de temps et d'attention et oui, je vais me baser sur ce que je viens de lire pour juger l'ensemble de votre oeuvre. Cela, je vais le faire sans scrupule.


Guillaume Musso, 
tant que nous en sommes à échanger des civilités, vous me permettrez de vous éclairer sur un point que nul écrivain ne peut ignorer s'il prétend vraiment en être un : l'incipit est la clé de voûte d'une oeuvre littéraire. L'incipit a pour rôles principaux de planter le décor et d'annoncer les personnages majeurs. Cela, vous l'avez (très bien) fait ! Mais l'incipit, c'est bien plus que cela, son rôle fondamental dépasse largement cette vision fonctionnelle de la première page ; l'incipit DOIT créer un lien entre l'oeuvre et son lecteur, il doit accrocher son lecteur à l'oeuvre, il doit donner à son lecteur la première émotion, celle qui, au fil des pages, s'amplifiera ou se détériorera au gré du talent de l'auteur mais jamais, jamais, jamais, il ne doit être cette espèce de brouillon de rédaction narrative de niveau 5ème que vous nous servez avec votre roman "Sauve-moi'.


Alors, Guillaume Musso, si vous le permettez et avec tout le respect que je vous dois (ou pas), je vais me "sauver" moi-même, et tout de suite, et à toute vitesse. 
Serviteur.

Twilight I Fascination de Stephenie Meyer

Je ne le dis pas par provocation mais très sincèrement. 
Je pense que ce bouquin (enfin les 101 pages que j'ai réussi à lire sans vomir) est le TRUC le plus mal écrit et le plus inintéressant que j'ai jamais essayé de lire.
Ce qui provoque en moi une remise en question profonde car devant le succès interplanétaire voire intersidéral de ce TRUC, je ne peux échapper à la question "Suis-je normale ?"
Pour m'aider à trouver une réponse à cette question hautement existentielle, j'ai poussé l'abnégation jusqu'à visionner le film...
Résultat : j'ai bien fait d'abandonner avant de découvrir qu'un vampire pouvait briller en plein soleil. 
Finalement, je me satisferai de mon anormalité. 

Ah, j'oubliais un détail ! Je m'étais finalement décidé à le lire parce qu'un ami m'avait dit : "C'est la première fois que je vois ma femme aller aux toilettes avec son bouquin !" Hum, maintenant, je crois comprendre pourquoi, on n'est jamais trop prudent, des fois qu'il y aurait une pénurie de papier...

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